
L'écrivain algérien francophone Boualem Sansal,62 ans, auteur de plusieurs romans primés à l'étranger, a obtenu dimanche 16 octobre le prix de la paix de la foire du livre de Francfort, en Allemagne. Sansal est le deuxième écrivain algérien à obtenir cette prestigieuse disctinction après la romancière Assia Djebar, distinguée en 2000.
Boualem Sansal, 62 ans, a reçu le prix pour sa critique du pouvoir algérien et son lutte pour « la liberté de parole, de culture et de religion » dans son pays, a déclaré le président de la foire, Gottfried Honnefelder.
L'écrivain qui a reçu son prix en présence d'un millier de personnes à la fin de la manifestation annuelle, la plus grande foire du livre du monde, a déclaré qu'une « révolution mondiale » était en cours.
« Les gens veulent une démocratie universelle, authentique, sans frontières ni tabous. Ils rejettent les dictateurs, l'extrémisme, le pouvoir des marchés, l'emprise étouffante de la religion », a dit Boualem Sansal.
Il a été félicité par le ministre allemand des Affaires étrangères Guido Westerwelle pour le prix doté de 25.000 euros (35.000 dollars).
« Le prix honore non seulement l'œuvre littéraire de Boualem Sansal mais aussi ses efforts pour un changement démocratique et pacifique en Algérie », a dit le ministre dans un communiqué.
« En ce moment de bouleversements dans le monde arabe, j'espère que la vision de Boualem Sansal d'une société libre et démocratique en Algérie deviendra réalité », a dit M. Westerwelle.
L'auteur francophone comprend notamment "Le serment des barbares" (1999), prix du premier roman, et "Le village de L'Allemand" (2008) grand prix de la francophonie.
Né à Boumerdes, à l'est d'Alger, haut fonctionnaire, titulaire d'un doctorat en économie, Boualem Sansal a été brutalement limogé en 2003 par le ministère de l'Industrie pour avoir proposé la suppression de l'enseignement religieux à l'école.
Virulent à l'égard du pouvoir et des islamistes, il est l'un des rares écrivain de sa génération à ouvrir sa gueule.
Récemment, l'auteur de "Rue Darwin", son dernier opus, confiait à l'hebdomadaire Le Nouvel Observateur:
«En Algérie, après l'indépendance, il n'y a pas eu la liberté mais un système coincé à la Brejnev, avec un islam qui commençait à régresser... Les premières respirations ont été les mouvements berbères, qui ont mené à octobre 1988, avec des révolutions qui ont dégénéré. On a vu alors qu'une dictature n'est pas un homme, mais un système très enraciné: même avec les désherbants les plus puissants, trois mois après tout repousse. »
Le prix de la paix de la foire de Francfort a dans le passé été décerné à des écrivains comme le Turc Orham Pamuk, le Hongrois Peter Esterhazy, le Tchèque Vaclav Havel et l'Algérienne Assia Djebar.
Avec AFP
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Commentaires
Pourquoi les Algériens ne prennent pas fait et acte pour Boualemen Sansal qui est un visionnaire en avance d'un demi siècle sur le systéme ?
Pourquoi les Algériens acceptent t-ils que leurs enfants soient obligatoirement Arabisés, Islamisés , endoctrinés alors que tous les dirigeants Algériens envoient leurs enfants étudier en Français et en Anglais, grandir en Europe et en Amérique... MAIS JAMAIS dans les pays Arabes ?
Qui peut m'éclairer ?
Socialisme, communisme, dictature, Arabisation, Islamisation...le plus dangereux est la religion qui permet d'anesthésier tout un peuple afin que le dictateur régne .Je suis effaré de voir la place qu'à pris le fait religieux dans la société Algérienne.Pas iune phrase sans référence à dieu , au prophète. Cela induit une passivité, une fatalité , des interdits, une soumission; une mentalité détestable. Algériens, réveillez vous , faite pression sur le système pour qu'il dégage ...mais ne remplacez pas la peste ( la dictature) par le choléra ( quand c'est la loi de dieu qui vous gouverne et non la loi des hommes comme dans les pays démlocratique) .
Je sais que le chemin est très long pour les peuples des 57 états Arabo-islamique....il faudra des milliers de Boualem Sansal qui a tout compris...
je n'ai jamais compris pour quoi mon grand père ne parlai pas de la guerre de libération ou très peu une vrais mascarade il me disait...
NOUS SOMMES DES MILLIONS D’ALGÉRIEN PRÈS POUR LE CHANGEMENT ET L'OUVERTURE
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