Samia Benmaghsoula est une ancienne championne qui ne mâche pas ses mots : En 25 ans de terrain, c’est la première fois que le sport algérien atteint un niveau de régression aussi important, tranche-t-elle. Chargée d’études et de synthèse (CES) auprès du ministère de la Jeunesse et des Sports, cette ex-championne de natation qui a réussi sa reconversion comme professeur spécialisée dresse un constant accablant sur le sport algérien.
« J’invite tous les responsables des Fédérations ainsi que tout le mouvement sportif national à assumer l’échec de la participation algérienne aux derniers jeux sportifs arabes de Doha » explique dimanche 25 décembre Mme Samia Benmaghsoula à l’agence APS.
« La prestation de nos athlètes peut même être qualifiée de médiocre », ajoute-t-elle.
Le dépit et la colère de l’ancienne championne de natation, conseillère auprès du MJS (ministère de la Jeunesse et des Sports), pour origine la débâcle subie par les athlètes algériens lors de la 12e édition des Jeux arabes qui se sont tenus durant le mois de décembre à Doha, au Qatar.
Au terme de deux semaines de compétitions, l’Algérie s’est classée à la cinquième position loin derrière l’Egypte, la Tunisie et le Maroc.
Deux de ces pays, l’Egypte et la Tunisie, ont pourtant connu de profonds bouleversements politiques au cours de l’année 2011 avec les révolutions populaires qui ont mis un terme aux dictatures de Hosni Moubarak et de Zine Ben Ali.
Constat de Mme Benmaghsoula : un échec sur toutes les lignes.
« En 25 ans de terrain, c’est la première fois que le sport algérien atteint un niveau de régression aussi important, dit-elle. Pourtant l’Etat à travers le MJS a mis tous les moyens financiers et humains à la disposition des Fédérations, pour les Jeux africains de Maputo et les jeux arabes de Doha, pour faire mieux que lors des précédentes éditions, malheureusement les résultats n’ont pas suivi ».
A qui la faute ? A tout le monde précise, Samia Benmaghsoula. Aux athlètes, aux entraineurs, aux dirigeants de la fédération, aux responsables politiques.
Dans la bouche de l’ex-DTN de natation, les mots sont cinglants, les accusations graves.
« A quoi faut-il imputer ces mauvais résultats ?, s’interroge Mme Benmaghsoula. A des erreurs de gestion, à des méthodologies d’entraînements mal adaptées, à une absence d’une vraie politique sportive tournée vers le développement, à une mauvaise préparation, à une programmation inadéquate ou bien faut-il remonter dans le temps pour situer les erreurs de gestion ».
« La décennie noire, n’explique pas tout, car la plupart des athlètes de haut niveau étaient en préparation à l’étranger (…) affirme-t-elle encore. Les présidents de Fédérations, les directeurs techniques nationaux doivent s’expliquer face aux médias, donc à l’opinion publique pour justifier leur échec, ou leur semi-échec pour certains ».
Une vraie débâcle en dépit des budgets faramineux alloués au secteur des Sports au cours des dix dernières années.
A titre d’exemple, le département de la Jeunesse et des Sports, géré depuis juin 2007 par Hachemi Djiar, s’est vu allouer en 2011 un budget de 28 280 209 000 de dinars (plus de 376 millions de dollars).
Photo APS


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