Mourad Boutadjine, ex-présentateur de l’émission Arkam wa taalik (chiffres et commentaires) de l’ENTV, ex-député au parlement, aujourd'hui reconverti avocat, s’est saisi du dossier de dopage supposé des anciens joueurs de l’équipe nationale algérienne de football des années 1980. Il nous révèle sa démarche dans cet entretien réalisé par téléphone.
DNA : Avez-vous été contacté par des joueurs de l’EN à propos de ce dossier de dopage supposé ?
Mourad Boutadjine : Oui. Quelques joueurs sont venus me voir dans mon bureau. Il s’agit de Kaci Said, Djame Menad, Mohamed Chaïb et Abdelkder Tlemçani (ancien joueur de l’USMBA, du MCO et du WAT). L’affaire concerne des joueurs qui ont évolué en équipe nationale de 1981 à 1989, particulièrement ceux ayant fait partie du groupe qui a disputé la Coupe du Monde de football de 1986 et la Coupe d’Afrique des nations au Maroc en 1988.
Qu’allez-vous faire ? Interpellez la FAF ? Le ministère de la Jeunesse et du Sport ? Exiger une commission d’enquête ?
J’ai déjà rédigé une correspondance que je dois adresser dimanche au ministre de la Santé. Notre action portera sur deux volets. Un volet médical et un autre juridique. Nous allons, pour le premier volet, demander une expertise médicale. Les enfants devront subir des analyses ou autres tests au niveau du Centre national de pharmacovigilance (hôpital Maillot). Je dois l’envoyer aussi à la tutelle, au ministère de la Jeunesse et du sport et à la Fédération algérienne de football (FAF), pour information.
Et le second volet ?
Si les analyses révèlent que les handicaps des enfants ont un lien avec le dopage, nous entamerons une autre action, judiciaire cette fois-ci pour demander réparation. Les joueurs disposent déjà de dossiers médicaux, mais, il faut les actualiser. Nous ne pouvons accuser quelqu’un sans preuve.
Aviez-vous entendu parler de ces supposés cas de dopage quand vous étiez journaliste à l’ENTV ?
Oui, je connais tous les joueurs depuis qu’ils leurs jeunesses ? Ce sont des amis, des voisins qui habitent pour la plupart d’entre eux presque le même quartier que moi. J’étais au courant de leurs souffrances depuis qu’ils étaient jeunes papas. Mais je ne savais pas que c’était à cause du dopage.
Personne n’a osé briser le silence pendant des années ?
C’était un tabou et personne n’en parlait. Nous en avons discuté plusieurs fois depuis que l’affaire a été médiatisée et certains ont commencé à parler. Maintenant, ils ne réclament que la vérité. Et que les responsabilités soient déterminées. Je suis maintenant leur avocat en quelque sorte. L’action en justice, si y aura action, se basera aussi sur le témoignage du Pr. Hanafi qui a exercé pendant longtemps à l’EN et qui exerce toujours la médecine en plus de l’ancien joueur du NAHD Abdelwahab Maïche qui a eu à témoigner, lui aussi. C’est que, selon Maiche, ils prenaient réellement des comprimés mais ignoraient la nature des pilules.


Commentaires
Les joueurs victimes devraient s’adjoindre les services d’un avocat sérieux, enfin! de quoi je me mêle?
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