Déprécié et non dévalué. la nuance est de taille pour le gouvernement. Le dinar algérien, monnaie nationale, n’a connu aucune dévaluation ces derniers jours par la Banque d’Algérie, mais son cours a connu juste une « dépréciation » par rapport à certaines devises, a affirmé jeudi à Alger le ministre des Finances Karim Djoudi. La mise au point du ministre était une réponse au président du FCE (Forum des chefs d’entreprises) qui accusait la Banque d’Algérie d’avoir procédé en cachette à une dévaluation du dinar.
« La Banque d’Algérie (BA) ne peut pas, en tant que tel, procéder à une dévaluation du dinar. La dévaluation est une décision du Gouvernement qui doit avoir l’aval du Parlement », a déclaré M. Djoudi à des journalistes en marge d’une séance de questions orales au Conseil de la Nation.
Ce qui se passe par contre sont des fluctuations « appréciations ou dépréciations du dinar sur la base d’une observation continue du marché international », a-t-il précisé.
C’est le patron du FCE (Forum des chefs d’entreprises) Reda Hamiani qui avait allumé la mèche lors d’un atelier organisé mercredi par le Forum. Hamiani a révélé que la Banque a procédé, quinze jours plus tôt, à un relèvement du taux de parité être le dinar la devise européenne. Selon le taux de change officiel, 1 euro vaut 107 DA. Alors qu’il était à moins de 100 dinars début janvier 2012.
Au passage, le patron des patrons a regretté cette « décision de la BA de dévaluer de 10% la monnaie nationale par rapport à l’euro ».
Au marché noir, la monnaie algérienne s’échange à 140,20 dinars contre un euro.
Le ministre a ensuite délivré un court exégète sur la dévaluation et la dépréciation d’une monnaie.
Si la dévaluation constitue un « phénomène définitif » voire « structurel », a-t-il expliqué, la dépréciation d’une monnaie est un « phénomène cyclique » qui « peut durer une journée, deux ou trois jours avant qu’une évolution dans le sens inverse peut être opérée.
L’évolution de la parité de la monnaie est, en outre, tributaire du pouvoir d’achat dans le pays, selon le ministre. « Si vous avez un taux d’inflation avec des conditions plus favorables sur le marché national par rapport au marché international, votre monnaie s’apprécie contre les monnaies internationales et l’inverse », a-t-il encore développé.
La dépréciation d'une monnaie correspond à une baisse de son taux de change vis-à-vis d'une ou de plusieurs autres monnaies.
Elle a pour conséquence de faire augmenter le prix des importations. Ce qui est le cas de l’Algérie dont la facture d’importations est monté au dessus de 40 milliards de dollars.
Selon les experts, la dépréciation d’une monnaie illustre une mauvaise santé économique d’un pays.
La dernière dévaluation du dinar remonte à l’année 1994 quand l’Algérie, en cessation de paiement, avait conclu des accords de rééchelonnement de sa dette avec le FMI.
Le Fonds monétaire international avait exigé alors un drastique plan de restructuration de l’économie dont une dévaluation du dinar et des centaines de millions de suppressions d'emplois.
En Algérie, bien que le change parallèle soit interdit par la loi, des millions en devises ( euro et dollar ) s'échangent tous les jours aux quatre coins du pays, au vu et au su des autorités.
Souvent devant des institutions ( banques, tribunaux, postes de police... ), comme c'est le cas au célèbre Square Said d'Alger, véritable Bourse officieuse de la capitale.


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