Vous pleuriez Mehri? Tartuffes, vous lui avez refusé ce que Zeroual accorda aux ministres du GPRA

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Ils ont pleuré sa mort, adressé des condoléances à sa famille, loué ses qualités d’homme politique et de nationaliste et se sont précipités au cimetière pour assister à son enterrement. Mais, ils ont oublié toutes les « crasses » qu’ils lui ont fait subir quelques années plutôt. Abdelhamid Mehri, décédé le 30 janvier 2012, a eu droit à tous les éloges. Y compris de la part de ceux qui lui avaient refusé un passeport diplomatique pour soigner sa femme.


Ils l’ont pleuré après lui avoir refusé ce qu’un décret présidentiel lui accordait.

Ils, ce sont les responsables politiques, particulièrement, le Premier ministre Ahmed Ouyahia.

Lui, c’est Abdelhamid Mehri, ancien ministre du GPRA, ex-ambassadeur, ex-SG du FLN (Front de libération nationale), décédé lundi 30 janvier 2012, à l’âge de 86 ans, à l’hôpital de Ain Naâdja, à Alger.

Le décès de cet homme politique aura été l'occasion de mettre en lumière l'hypocrisie des responsables politiques algériens.

Mehri? Un grand homme selon Ahmed Ouyahia

Dans un message de condoléances adressé à la famille de Mehri, le Premier ministre, Ahmed Ouyahia écrivait : « L'Algérie perd en la personne de ce haut cadre, militant et moudjahid, un de ses grands piliers dont le nom demeurera étroitement lié à toutes les étapes politiques et historiques de notre pays, depuis qu'il était ministre du Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA) (….) »

L’organisation nationale des Moudjahidine (ONM), ne disait pas moins. « L’Algérie a perdu en la personne de M.Mehri un grand militant qui a accompagné toutes les étapes du pays depuis les années quarante. C’était une archive vivante  des données et des vérités historiques et politiques liées au parcours nationaliste sur une durée de 60 ans », indiquait un communiqué de cette organisation.

Passeport diplomatique refusé

Belles paroles de tartuffes qui contrastent avec le mépris auquel Abdelhamid Mehri et sa famille ont eu droit quelques années plutôt.

Nous sommes en 1997. L’épouse de l’ancien secrétaire général du FLN, viré de son parti une année plutôt, est gravement malade.

Le couple veut se rendre en France pour des soins. Abdelhamid Mehri sollicite début janvier 1997 le ministère des Affaires étrangères pour obtenir un passeport diplomatique pour lui et son épouse.

Il introduit plusieurs demandes pour rencontrer le ministre des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, mais celui-ci ne répond pas à ses sollicitations.

Tout comme les services des AE qui opposent une fin de non-recevoir aux requêtes de l’intéressé.

Fin de non-recevoir

L’ex-ambassadeur d’Algérie au Maroc et en France adresse alors, en date du 3 juin 1997, une lettre officielle (rendue publique par le journal Echououq) au ministre des Affaires étrangères dans laquelle il lui demande d’étudier sa demande pour l’obtention de ces passeports diplomatiques.

La requête d’Abdelhamid Mehri s’appuie notamment sur le décret officiel 02/97, signé par le président Liamine Zeroual et publié dans le Journal officiel le 5 janvier 1997.

Le décret du président Liamine Zeroual

L’article 7 de ce décret stipule, en effet, que le passeport diplomatique est délivré à « titre honorifique » aux personnalités et à leurs conjoints suivantes : les membres du comité des vingt deux, les membres du comité de coordination et d’exécution (CEC), les membres du conseil national de la révolution (CNRA), les membres du gouvernement provisoire de la république algérienne (GPRA), les membres de l’Etat-major de l’armée ainsi qu’aux chefs historiques de l’armée de libération nationale.

Les ambassadeurs et consuls généraux de carrière à la retraite sont également concernés par cette procédure.

En vertu donc de ce décret présidentiel, Abdelhamid Mehri ainsi que son épouse ouvrent droit à ce document de voyage dans la mesure où Mehri était membre du CCE, du CNRA, ministre du GPRA et avait occupé les fonctions d’ambassadeurs d’Algérie à Rabat et à Paris.

Mais voilà. La requête d’Abdelhamid Mehri n’a jamais obtenu de réponse de la part du gouvernement dirigé à l’époque par Ahmed Ouyahia.

L'ONM refuse de répondre à Mehri

La même demande, adressée en juillet 1997 à l’organisation nationale des Moudjahidine (ONM), dirigée à l’époque par l’actuel ministre Chérif Abbas, avait subie le même sort. Fin de non-recevoir.

Devant le refus du ministère des Affaires étrangères de lui attribuer le document de voyage, faute d’une prise en charge refusée par la sécurité sociale algérienne, le couple Mehri est contraint d’abord de vendre la voiture, puis de louer la villa familiale à Alger à des particuliers afin d’assurer les frais de voyage et de soins en France.

Selon les informations obtenues par DNA auprès de l’entourage de M. Mehri, la famille a dû se cotiser pour prendre en charge les frais de rapatriement du corps de l’épouse, décédée en France.

Depuis, M. Mehri s'est retiré des affaires et n'a jamais publiquement fait cas de cet épisode. Il aura fallu attendre son décès pour que l'affaire soit portée à la connaissance du public.

Punition

Mais alors, qu’est ce qui explique que le ministère des Affaires étrangères, l’ONM, et donc le gouvernement d’Ahmed Ouyahia, aient tous refusé de répondre aux sollicitations de l’ex-SG du FLN ?

On peut supposer qu’en agissant ainsi, on voulait punir Abdelhamid Mehri pour avoir avalisé, au nom du FLN, le contrat de Rome, cet accord signé en janvier 1995 sous l’égide de la communauté de Saint Egidio et qui proposait une plate-forme de revendications afin de régler la crise politique en Algérie en associant le FIS (Front islamique du Salut), dissous en février 1992.

Cet accord qui avait ulcéré les autorités algériennes avait été rejeté « globalement et dans le détail » par Alger.

Ils ont pleuré Abdelhamid Mehri, loué ses qualités de nationaliste, mais ils ont oublié qu’ils lui ont refusé un privilège accordé par décret présidentiel.

Tartuffes.

Commentaires  

 
+1 #32 02-03-2012 12:57
Liamine Zerouale il aime les dirigeants de son pays,Abdelaziz Bouteflika ils sabotent nos enfants,mais il va ce faire saboter bientôt in challah.
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0 #31 24-02-2012 13:37
Mr DERBAL: les personnes que vous invoquez et ayant participé à la conférence de St égidio ne font pas partie du système et n'ont jamais demandées de passeports diplo.Par contre j'ai bien précisé lors de mon dernier écrit que Mehri incarnait même ce système, donc il connaissait bien ces pratiques c'est tout.Quant à l'histoire, chacun la fasse à sa manière et il appartient à l'histoire d'en juger.
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+1 #30 21-02-2012 23:54
je veux dire à ce monsieur qui invoque le respect des lois, qu'il commence lui, par respecter les personnes qui ont fait l'Histoire de son pays
Mehri est de ceux là. Son engagement, sa compétence, son abnégation, son humilité,sa sincérité, son honnêteté furent mises au service de l'Algérie durant sa vie de militant.
La poubelle étant réservée à tous ces petits qui ont revêtu un costume de pouvoir trop grand pour eux, et à tous ces milliardaires qui ont pillé le pays et qui n'ont pas besoin, eux, de passeport diplomatique pour aller se soigner ou faire de cures à l'étranger
Alors monsieur le respectueux des lois, comment expliquez vous que d'autres participants à Saint Eugédio: Ben Bella, Nahnah_Dieu ait son âme_ , Louisa Hanoune ... aient pu obtenir ce DROIT et pas Mehri ?
Que Dieu l'accueille en son vaste paradis
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-1 #29 16-02-2012 20:15
Abdelhamid Mehri was a great man, a family man, Algeria is a country that should support and give to those that suffered and gave to them. He was and should have been entitled to take his Wife to France. After all, he played a pivotal role in Algeria's bloody struggle for independence.
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