Poursuivi pour prosélytisme, Karim Siaghi doit comparaitre en secondes instances jeudi 1er décembre à Oran, à l’ouest d’Algérie. Maçon, âgé de 29 ans, converti au christianisme en 2007, Karim est poursuivi sous le chef d’inculpation d’« injures envers le Prophète ». Contactée par téléphone par DNA, Yakout, sa femme, aura un discours de paix et de tolérance en dépit de la menace de prison qui plane sur son mari.
En mai 2011, il a été condamné, en première instance, à cinq années de prison ferme. Dénoncé par un voisin à qui il avait remis un DVD sur la vie du Christ , Karim a été arrêté par des policiers qui l’avaient traité comme un criminel.
Les autorités algériennes ont fait adopter en 2006 une nouvelle loi qui punit de 2 à 5 ans de prison et de fortes amendes toute personne rendue coupable d’évangélisation.
Depuis, plusieurs chrétiens ont fait l’objet de harcèlements policiers et de poursuites judiciaires.
Dans l’attente de son jugement, Karim est retourné à Tizi Ouzou, en Kabylie, avec sa femme et leur fille Emmanuelle. Karim ne parle pas français, c’est pourquoi sa femme, Yakout, se fera son porte-parole.
Contactée par téléphone par DNA, Yakout aura un discours de paix et de tolérance en dépit de la menace de prison qui plane sur son mari.
« Comme le consacre la religion de Jésus Christ », dira-t-elle. A l’issue de l’entretien, je leur souhaite bonne chance. Elle me répondra : « Amen, ma sœur ». Ni Karim ni sa femme ne sont exprimés jusqu’à présent dans les médias.
En exclusivité, l’essentiel de l’échange.
DNA : Comment vivez-vous cette veille de jugement ?
Yakout Siaghi : Nous somme confiants et sereins. Nous avons confiance en Dieu.
Quel Dieu ?
Notre Dieu Jésus-Christ. Nous avons une confiance totale en lui. Il dit d’ailleurs : « Je ne vous abandonnerai jamais ». Nous restons fidèles à notre église. Et continuons à exercer le culte le plus normalement du monde.
N’êtes-vous pas limités dans votre liberté de culte justement ?
Un peu. Nous allons prier normalement. D’ailleurs, je suis dans une église. Au quotidien, nous n’éprouvons pas de contraintes mais bon...Il y a la justice et parfois des gens peu compréhensifs. Il y a eu aussi le terrorisme. Cela a été dur. Aujourd’hui, on nous accuse de blasphème mais c’est une excuse, un prétexte
Quel contact avez-vous gardé avec votre voisin qui vous a dénoncé ?
Nous l’aimons. Je l’aime. Nous avons continué à le voir, il gère un taxiphone. On le salue et ce n’est pas un problème.
Vous l’aimez, pourtant lui ne vous aime pas puisqu’il porte plainte contre vous...
C’est son problème s’il ne nous aime pas. Nous l'aimons et nous ne nous tenons pas rancune.
Comment se sont déroulées vos vies à Oran ?
Nous y étions depuis presque deux ans et tout se passait bien. Ceci dit, nous avons eu quelques soucis à inscrire notre fille à l’état civil sous le prénom Emmanuelle. Puis, ils ont vu que l’article 63 du code de la famille, je crois, permettait à des personne d’une autre confession de choisir un prénom non musulman.
Qu’est-ce que qui vous a conduit à opter pour la religion protestante votre mari et vous ?
Nous sommes tous deux issus de familles musulmanes et étions déjà converti au protestantisme avant notre mariage. Pour mon mari, Jésus Christ s’est révélé à lui à deux reprises dans un rêve en lui disant : « Ne craint rien mon fils ». Il a toujours cherché le chemin de Dieu.
De mon côté, j’étais opposée dès mon jeune âge à la religion de mes parents. Et j’ai toujours bataillé pour les droits de la femme. Elles sont marginalisées, parfois abandonnées dans la rue avec des enfants. La religion musulmane, à mon sens, ne consacre pas les droits de la femme et cela m’a toujours rebellée. Je suis issue d’une famille musulmane marabout, mais j’ai toujours été contre.
Peut-on dire qu’il y a une différence entre les autorités et la population algériennes face au protestantisme ?
Avec les musulmans, certains n’éprouvent aucun problème à nous fréquenter. D'autres nous rejettent pour notre foi. Il y a des extrémistes. Mais sinon, il y a des églises et une communauté protestante.
Vous êtes confiante pour le procès ?
On a confiance en Dieu. Quelque soit l’issue du jugement. C’est pour la gloire de Jésus.
Droit de suite :
Le procès prévu jeudi 1er décembre est renvoyé pour complément d’enquête.
Le juge a estimé que les éléments dont il dispose sont insuffisants pour rendre un verdict.


Commentaires
Tu peux aussi taper sur Google: "80% of English words are borrowed..." et vois ce que tu obtiendras.
I beg to differ with you on that point, Sir. Ce n'est pas moi qui le dis, Zoheir. Je peux te donner des références. Il y a un très beau livre écrit par Robert MacNeil "The history of English" accompagné d'une série télévisée où il le montre clairement. Ou bien tape "foreign words in English" sur Google.
Tu veux certainement parler de ce que l'on appelle en linguistique les emprunts nécessaires? C'est l'un des mécanismes de l'économie du langage. Au lieu d'attendre l'invention d'un signifiant approprié à un signifié nouveau, on l'emprunte à une autre langue. Que 80% du dico anglais émane d'autres langues voilà une thèse farfelue... Quant au vernaculaire, prenons-le dans son sens originel s'agissant de nos langues maternelles: élevé, cultivé...
Faudrait peut-être revenir à la genèse de l'Académie Française, institution mise sur pied par Napoléon pour occuper les intellectuels de l'époque autour d'un projet fastidieux: le dictionnaire de la langue française... Devenue par la force des choses une institution pleine et entière, son dictionnaire est toujours en retard d'une locution. Souvent, c'est l'usage populaire qui force la main à l'AF pour enrichir son vocabulaire...
Les langues ne valent que par l'usage qu'on en fait. Il n'y a pas de langue riche et de langue pauvre. Et dire que l'Hébreu a été pendant longtemps une langue morte...
Je suis pour la promotion de cette langue, surtout pour sa valeur culturelle et historique, mais franchement peux-tu vraiment imaginer l'enseignement des sciences et la recherche de pointe en langue berbère?
Je m'excuse mais je pense vraiment que 'donner une chance à notre langue ancestrale' nous ferait régresser de quelques siècles!
Si on veut le progrès, mettons notre chauvinisme de coté (que ce soit du coté arabe ou berber), soyons pragmatiques et adoptons l'Anglais! (Et le Chinois en temps voulu :D)
Beaucoup de sagesse pour une fille de votre génération.Que tous en prenne de la graine
@Abdelli: L'expression "khiar-ennas" n'a rien à voir avec la "polémique" ici. On sait tous que c'est une expression de politesse. Il faut remonter dans les commentaires pour voir de quoi il s'agit. D'autre part, je suis d'accord avec toi concernant les langues. Le seul problème est que ces quelques langues riches ont pris et continuent de prendre tellement d'avance qu'il semble qu'il n'y ait presque pas d'espoir pour les langues moins riches de jamais les rattrapper. Même le français, “langue du monde” il y a 75 ans, a de la peine à soutenir la cadence à présent. L'anglais doit son grand dynamisme au moins en partie à son manque de formalité et de fiérté linguistique. Il n'hésite pas un instant à emprunter des mots et les mal prononcer. Il est aussi libre d'inventer. Pas d'académie, et si un mot nouveau est accepté par assez de monde, hop! le voilà dans le dictionnaire.
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