Le journaliste algérien Arezki Ait Larbi a été arrêté dans la matinée de mercredi 27 juillet par la police de Chéraga, sur le hauteurs d'Alger, a appris DNA auprès du concerné. Alors qu’il se rendait au commissariat pour s’enquérir du dossier de création de son journal, la police lui a signifié qu’il était sous le coup d’un mandat d’arrêt datant de 1997 dans le cadre d’une affaire de diffamation intentée contre lui par Abdelkader Sallat, ancien directeur central des pénitenciers au ministère de la Justice.
Le journaliste a été remis en liberté en fin d'après-midi après une audition de plusieurs heures au commissariat. « Après avoir vérifié au niveau du fichier national, les policiers qui se sont rendus au Palais de justice d’Alger pour vérifier qu'effectivement l’affaire a été jugée en 2007, affaire pour laquelle j’ai été acquitté, m’ont finalement relâché à 16H30 », affirme le journaliste à DNA.
Joint par téléphone alors qu’il se trouvait encore au commissariat, Arezki Ait Larbi affirmait que son interpellation s’est bien déroulée. « J'ai été bien traité, dit-il. Les policiers on été corrects. Je pense que cette affaire relève d’une stupidité bureaucratique. Mais quand ça se répète trop souvent sur la même personne, on est en droit, sans être paranoïaque, de se poser des questions. »
Il raconte les circonstances de son interpellation : « J’ai déposé un dossier au tribunal de Chéraga pour créer un journal. On m’avait dit qu’on allait me convoquer au commissariat pour l’enquête administrative dans une semaine et cela dure depuis juin 2011. Après un mois, je suis venu savoir ce qui se passé. »
La suite est inattendue pour le journaliste. Une interpellation suivie d'une exhumation d'un mandat d'arrêt datant de 1997.
L’affaire qui oppose Arezki Ait Larbi à M. Sallat, ancien directeur central des pénitenciers au ministère de la Justice, remonte à 1994. A l'époque, Arezki Ait Larbi avait publié une tribune dans l’hebdomadaire français l’Evénement du Jeudi intitulée : « Lambèse : l’Alcatraz médiéval ».
Lambèse, Ait Larbi y a vécu pendant plusieurs mois.
Membre fondateur de la première Ligue algérienne des droits de l’homme, Arezki Ait Larbi est arrêté le 5 juillet 1985 avant d’être inculpé pour atteinte à l'autorité de l’Etat.
Condamné aux côtés de son frère l'avocat Mokrane Ait Larbi, le chanteur Ferhat, Said Saadi e l'avocat Ali Yahia Abdenour, Arezki Ait Larbi séjournera pendant plusieurs mois dans ce pénitencier de Lambèse, situé à Batna, dans les Aurès, avant d’être remis en liberté..
Dans cette chronique publiée par L’Evénement du Jeudi (aujourd’hui disparu), le journaliste y décrivit les affres de la détention, les brimades et les supplices subis par les détenus.
Sauf que la publication de cette tribune n’a pas été du gout de l’ancien directeur central des pénitenciers, Abdelkader Sallat.
Celui-ci intente une action une justice contre le journaliste. Un mandat d’arrêt est délivré contre lui. Entre temps, Arezki Ait Larbi sera condamné à 6 mois de prison ferme par contumace alors qu’il se trouvait encore en Algérie.
Dix ans plus tard, en mai 2007, l’affaire est jugée devant le tribunal de Sidi M’Hamed à Alger. Au terme d’un procès qui aura duré une journée, le journaliste est acquitté des charges qui pesaient contre lui.
Quatre ans plus tard, cette affaire lui pend encore au nez.


Commentaires
Le pays est géré à vue d'œil, sans compas ni boussole. Les lois changent, se supperposent ou sont appliquées non pas de manière objectives, mais de façon subjectives.
Même les touristes par le truchement des forces de sécurité aux ports et aéroports subissent cette suspicion et les crises de cet état caractériel, lunatique et instable.
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