Les protestants d’Algérie accusent régulièrement les autorités d’harcèlements et d’atteintes à la liberté de culte. Mais depuis quelques semaines, les relations tendues entre le ministère de l’intérieur algérien et l’Eglise protestante d’Algérie (EPA) tendent à se normaliser. Explications avec Mustapah Krim, pasteur et président de cette association, agréée en 1976.
DNA : Vous avez rencontré récemment des responsables du ministère de l’Intérieur. Quelle a été la teneur des discussions ?
Mustapha Krim : Il n y a pas eu beaucoup de discussions. Sinon, nous avions soumis auprès des responsables du ministère les problèmes que rencontre la communauté chrétienne en Algérie. Et enfin, ils ont reconnus les compétences et les prérogatives de l’EPA. Une reconnaissance qui va nous permettre de poursuivre nos activités le plus normalement puisque le problème est réglé.
Aviez-vous demandé à ce que l’ordonnance de février 2006 régissant les cultes en Algérie soit abrogée ?
La loi de 2006 comporte des articles qui nous ne conviennent pas. Cela va être discuté en son temps. Pour l’instant, on nous a régularisé notre situation par rapport à cet arrêté qui nous demandait de suspendre l’activité de la communauté chrétienne de la wilaya de Béjaia.
Qu’en est-il de la décision, notifié le 8 mai dernier par le wali de Béjaia, portant « fermeture définitive » de 7 églises protestantes de la région ?
Nous avons rencontré le wali, il y a un mois. Il nous assuré que nous pouvons continuer nos activités, sans aucune contrainte. Cependant, nous avons déposé un recours auprès de la justice algérienne. Et celle-ci doit suivre son cours.
Avez-vous proposé un réaménagement de l’article 2 de la constitution algérienne qui stipule que « L'islam est la religion de l'État ».
On n’était pas à ce stade de discussions. Il est vrai, nous souhaitons que cet article soit changé afin de renforcer davantage la liberté de conscience et de culte. Personnellement, j’aimerais que l’on aboutisse à une société où le pluralisme religieux soit garanti. Mais, ce n’est pas à l’ordre du jour.
Après ce premier contact, vous-êtes confiant pour l’avenir ?
Oui, je suis surpris en bien que dans le gouvernement, il y ait des personnes consciencieuses, tolérantes et qui admettent le pluralisme religieux. C’est encourageant et ça reste une évolution.


Commentaires
Je vous signale que vous n'avez toujours pas cité les «nombreuses démocraties» qui interdisent d'activité ce que vous persistez à désigner de «secte».
La question de la sécurité nationale reste pour le moment liée au terrorisme islamiste, d'abord et avant tout. Un terrorisme endémique, qui ne vient pas d'ailleurs et qui perdure, parce que savamment entretenu, depuis le milieu des années 80 avec les Bouyali et consorts. Les menaces à la sécurité nationale viennent de l'intérieur même des institutions de l'État, y compris celles ayant pour principale mission de veiller à la garantir.
La question de la sécurité nationale n'a rien avoir dans ce débat de liberté de conscience, ni la Libye ni la Kabylie. Cela revient à rechercher comment noyer le poisson.
Les états interdisent les sectes ou les autorisent selon les critères qui les concernent .
L'EPA est une secte qui achète les consciences avec des VISAS (d'ou l'évidente complicité occidentale surtout Française) et de l'argent et agit comme par hasard dans une région qui a toujours été visée pour en faire une tête de pont de la subversion (comme l'a toujours été Benghazi par exemple en Libye) .
De ce fait , elle devrait être interdite d'activité en Algérie .
C'est aussi simple que ça .
Ça ne relève pas de la liberté de conscience mais de la sécurité nationale.
En matière de confusion, reconnaissez que c'est bien vous, et personne d'autre que vous, qui avez parlé et fait référence à la France alors qu'il s'agit en réalité d'une église légalement reconnue aux USA (dont c'est le principal pays et non la France). Convenez aussi que c'est bien vous qui reprenez à votre compte ce que peuvent penser les autorités françaises de cette église que vous traitez, comme elles, de secte !
Si vous épousez l'exemple français c'est que vous raisonnez en fonction de ce pays et non pas en celui de l'Algérie. Si vous concevez les choses à partir d'une telle optique, on est en droit de se demander si vous ne considérez pas que l'Algérie soit encore sous tutelle française.
Je tiens à préciser que je suis un algérien, et alhamdou lillah, musulman et pratiquant.
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