La police et l’armée au banc des accusés. De nombreux Egyptiens reprochaient jeudi 2 février à la police et au conseil militaire au pouvoir d'avoir été incapables d'éviter le drame qui a fait 74 morts à l'issue d'un match de football dans un stade de Port-Saïd (nord). L’armée est soupçonnée d’avoir précipité le bain de sang pour maintenir l’état d’urgence dans le pays.
La tragédie s'est déroulée à l'issue d'une rencontre qui s'est soldée par la victoire inattendue, 3-1, du club local d'Al-Masry face à l'équipe d'Al-Ahly, basée au Caire. Des supporters ont alors envahi la pelouse. Certains ont été poignardés, d'autres sont morts étouffés alors qu'ils tentaient d'échapper à des individus armés de couteaux, de bâtons et de pierres.
Vengeance ?
Des Egyptiens accusent la police d'avoir laissé les violences se produire par vengeance contre les « ultra », ces supporters fervents, en première ligne dans les manifestations ayant conduit à la chute d'Hosni Moubarak il y a un an, et qui ont également affronté des soldats ces derniers mois lors de rassemblements demandant la fin du régime militaire.
Plusieurs députés égyptiens ont dénoncé l'attitude des forces de l'ordre. Le président du Parlement Saad el-Katatni, membre des Frères musulmans, a accusé les responsables de la sécurité d'avoir tergiversé, mettant ainsi « la révolution en danger ».
Le député Abbas Mekhimar, chef de la commission parlementaire de la Défense, a de son côté dénoncé un « crime ». « Cela fait partie du scénario visant à attiser le chaos » en Egypte, a-t-il ajouté.
Couteaux, bâtons et pierres
Selon des témoins, des supporters d'Al-Masry, armés de couteaux, de bâtons et de pierres, ont chassé de la pelouse les joueurs et les fans du club rival qui se sont précipités vers les sorties et les tribunes pour tenter de leur échapper. Sans que la police ne branche.
Ahmed Ghaffar, un supporter du club de la capitale, a rapporté que « des couches de gens » s'étaient retrouvées coincés dans un couloir étroit. « Il n'y avait pas d'autre sortie », a-t-il twitté jeudi. « Nous avions deux solutions: la mort qui arrivait derrière nous ou des portes fermées. »
Un responsable du ministère de la Santé, Hisham Sheha, a précisé que des victimes avaient été poignardées avec des objets tranchants.
D'autres ont succombé à des hémorragies cérébrales et à des commotions. « Toutes celles qui ont été emmenées dans les hôpitaux étaient déjà mortes », a-t-il déclaré à la télévision d'Etat.
Des armes introduites au vu des policiers
Un homme a raconté avoir entendu des tirs dans le stade, tandis qu'un parlementaire des Frères musulmans affirmait que la police n'avait rien fait pour empêcher que des gens entrent dans le stade avec des couteaux.
Certains hommes ont secouru un entraîneur de l'équipe perdante alors qu'il était frappé. Les forces de police anti-émeute présentes sur place ne sont pas intervenues.
Dans un entretien accordé au site du Nouvel Observateur, Pascale Boniface, directeur de l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS, n’exclut pas une manipulation de l’armée.
« Sans parler de complot, on peut quand même mettre en avant la très grande carence en matière de sécurité, dit-il. La question est de savoir si cette carence était volontaire ou non. Malheureusement, on peut craindre qu'elle ne soit pas tout à fait involontaire. Et que la stratégie du choc et de la tension soit ici en œuvre pour démontrer qu'en l'absence d'un pouvoir militaire fort le risque de voir l'anarchie s'installer est grand. C'est un scénario qui est largement connu. Il n'est pas besoin de tomber dans la théorie du complot pour y souscrire, ou en tout cas penser qu'il s'agit du scénario le plus probable. »
Avec AP


Commentaires
Je m' en fou d eux.caleur apprendra a insulter nos martyrs , le peuple Algerien et sans oublié le pauvre peuple palestinien.
La faille vient des services de sécurité, de la ligue et la fédération de foot, et les pro_Moubarek qui sont venus du Caire, pour en découdre, comme avec notre équipe Nationale............
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