Samira Ibrahim Mohammed, 25 ans, veut porter plainte. Le 9 mars, elle a été arrêtée sur la place Tahrir avec dix-sept autres militantes. Accusée de vandalisme et d'insultes à un représentant de l'ordre, Samira a été torturée par les militaires. Elle a été électrocutée, humiliée et les officiers lui ont fait passer un test de virginité. L'ONG Human Rights Watch a recueilli son témoignage. La justice égyptienne a ordonné mardi 27 décembre à l'armée d'arrêter la pratique des « tests de virginité ».
Pour elle et « toutes les femmes égyptiennes », Samira a décidé de porter son cas devant la justice. La recevabilité de sa plainte devrait être examinée ce mardi par le Conseil d'Etat.
Le 20 décembre, elle faisait partie des quelques 2 000 femmes rassemblées sur la place Tahrir pour dénoncer les violences perpétrées par le pouvoir militaire.
Elles ont notamment réagit à la vidéo qui a ému la communauté internationale : on y voit une femme voilée, deshabillée, frappée et trainée sur la chaussée par des soldats.
Dans un communiqué publié quelques heures après la manifestation, l'armée a assuré qu'elle prendrait « toutes les mesures légales pour que les responsables de ces atteintes rendent des comptes ». Mais certains remettent en cause la véracité des images.
« La révolution ne fait que commencer »
Le 10 décembre, trois militantes ont reçu le prix Nobel de la paix : la présidente libérienne Ellen Johnson Sirleaf, sa compatriote Leymah Gbowee et la Yéménite Tawakkul Karman, figure de proue du printemps arabe.
Elles sont nombreuses à s'être mobilisées au cours des manifestations. Mais près d'un an après le début des révoltes arabes, la condition de la femme est au centre des interrogations.
Au Yémen, pour deux femmes qui témoignent dans un article de La Croix, :
« La révolution ne fait que commencer, elle va durer des années »
Elles rêvent encore d'aller boire un café ou de pouvoir courir dans la rue sans s'attirer les railleries des passants.
Au Maghreb, les craintes d'une dégradation de la condition des femmes sont renforcées par les victoires des partis islamistes aux récentes élections en Tunisie et en Egypte.
En Egypte, aucune femme n'a été intégrée dans le comité nommé en février pour amender la constitution. Les autorités militaires égyptiennes ont imposé à l'ensemble des partis politiques de proposer au minimum une candidate sur leurs listes.
Mais ils n'exigent pas que les femmes soient bien placées. La participation des femmes a la vie politique n'est donc pas garantie.
« Respecte ma prière, respecte ma bière »
A Tunis, la faculté des lettres de la Manouba est devenue l'emblème de l'opposition entre laïques et salafistes. Des islamistes ont fait le siège de l'université début décembre. Ils revendiquent la création d'une salle de prières dans l'université, et l'autorisation du port du niqab pour les étudiantes.
Fadila Laouani, interrogée par l'AFP, rétorque :
« On ne va pas engager des fonctionnaires pour regarder le visage des filles à l'entrée de chaque salle de classe. Pas question d'accepter le niqab. »
A Tunis, deux enseignantes ont été molestées par des élèves, leurs tenues vestimentaires étant jugées indécentes. Des faits similaires ont été recensés dans d'autres universités.
Chaïma et Rima, étudiantes à Gamès, interviewées par Le Point, ont protesté avec une pancarte :
« Respecte ma prière, respecte ma bière, respecte mon voile, respecte ce que je dévoile. »
L'arrivée des islamistes pourrait mettre en péril le statut des femmes dans la société tunisienne, en partie acquise grâce à Habib Bourguiba. Peu de temps après son arrivée au pouvoir en 1956, le père de l'indépendance et chantre de la laïcité a proclamé le code du statut personnel, un ensemble de lois progressistes qui abroge la polygamie, la répudiation et légalise le divorce.
Le féminisme, combat trop occidental ?
Pour Maryam Alkhawaja militante des droits de l'homme au Bahrein, interrogée par le Huffington Post, un « sentiment anti-Occident » empêchera le féminisme de se diffuser au Moyen-Orient :
« Nous devons être capable de créer un mouvement propre à nos sociétés qui dit que les femmes sont égales aux hommes. Ce sera plus difficile si c'est perçu comme une notion occidentale importée et imposée aux habitants du Moyen-Orient. »
Amnesty International a publié une tribune sur son site dans laquelle ils dénoncent des changements qui tardent à venir :
Peut-être ne devrions-nous plus être surpris par la lenteur avec laquelle sont concrétisées les promesses concernant les femmes dans les situations de conflit.
Même lorsque l'on parle des viols commis en temps de guerre, sans doute la question relative aux droits des femmes prêtant le moins à controverse, la communauté internationale et les Etats, à titre individuel, traînent des pieds.
Beaucoup prennent l'exemple de l'Iran pour émettre des doutes sur les bienfaits, pour les femmes, du Printemps arabe. Le droit de vote a été accordée aux femmes en 1963, mais le renversement du Shah a laissé place à une stricte réglementation du statut des femmes.
Claire Le Nestour, étudiante en journalisme
Avec notre partenaire Rue89
Droit de suite : tests de virginité interdits en Egypte
La justice égyptienne a ordonné mardi 27 décembre à l'armée d'arrêter la pratique des « tests de virginité » sur des détenues, dans un jugement favorable à une femme qui avait porté plainte contre ce procédé.
La Cour administrative du Caire était saisie d'une plainte déposée par Samira Ibrahim, soumise à ce test après avoir été arrêtée lors d'une manifestation en mars dernier, selon l’AFP.
Cette pratique a été dénoncée comme une forme de « torture » et de violence sexuelle par des organisations égyptiennes et internationales de défense des droits de la personne.
Des responsables militaires avaient justifié ces tests par la nécessité selon eux d'empêcher des manifestantes qui seraient vierges de porter plainte pour viol contre des soldats les ayant arrêtées.
Devant le tollé provoqué par cette pratique, l'armée s'était engagée auprès d'organisations non-gouvernementales à ne plus avoir recours à ces tests, sans toutefois les renier dans leur principe.



Commentaires
Impossible...........................
C'est exactement ce qu'on appelle "cacher le soleil avec un tamis". Essaye autre chose, mon ami, ou avec quelqu'un d'autre, ces arguments ne marchent pas avec moi.
@Hamza: Merci pour le renfort en arabe et à plus tard!
But Jacob replied, “I will not let you go unless you bless me.”
The man asked him, “What is your name?”
“Jacob,” he answered.
Then the man said, “Your name will no longer be Jacob, but Israel, because you have struggled with God and with humans and have overcome.”
Jacob said, “Please tell me your name.”
But he replied, “Why do you ask my name?” Then he blessed him there.
So Jacob called the place Peniel saying, “It is because I saw God face to face, and yet my life was spared.”
S’abonner au flux RSS pour les commentaires de cet article.