Le procès du patron de la chaîne tunisienne Nessma, poursuivi pour « atteinte aux valeurs du sacré » après la diffusion l'an dernier du film Persepolis, qui avait entraîné des violences d'extrémistes islamistes, a repris lundi 23 janvier à Tunis dans une ambiance électrique. A l'issue d'une matinée chaotique, le procès a finalement été reporté au 19 avril.
« Je suis triste d'être là aujourd'hui, c'est un procès politique », a déclaré à son arrivée Nabil Karoui. « C'est le procès de 10 millions de Tunisiens qui ont rêvé d'avoir un pays démocratique », a affirmé Nebill Karoui, alors que le tribunal de Tunis connaissait la cohue des grands jours.
M. Karoui est poursuivi pour « atteinte aux valeurs du sacré, atteinte aux bonnes mœurs et troubles à l'ordre public » dans cette affaire qui a suscité violences et passions en raison d'une scène du film d l’iranienne Morjane Setrapi montrant Dieu, représentation proscrite par l'islam.
Dés le matin, pro et anti Nessma s'étaient rassemblés devant le tribunal et les invectives fusaient. Un groupe de jeunes barbus, dont des salafistes, criait: « le peuple veut la fermeture de Nessma » ou « vous, médias, lâches, sachez que la religion ne doit pas être diffamée ».
L'ancien Premier ministre tunisien Béji Caïd Essebsi présent
La défense de la chaîne Nessma avait de son côté mobilisé des ténors du barreau, des représentants d'ONG, et d'anciennes figures politiques, tel l'ancien Premier ministre tunisien Béji Caïd Essebsi, qui a été ovationné et salué par l'hymne national tunisien par la foule des partisans de Nessma.
« Je suis venu apporter mon soutien moral pour défendre la liberté d'expression, c'est important car la Tunisie est à la croisée de chemins », a-t-il déclaré.
La diffusion le 7 octobre par Nessma TV de Persepolis, film d'animation racontant la révolution iranienne et le régime Khomeiny à travers les yeux d'une fillette, avait suscité une vague de violences et de colère, quinze jours avant les élections en Tunisie.
Des groupes d'extrémistes avaient tenté d'attaquer le 9 octobre le siège de la chaîne à Tunis puis la maison de Nabil Karoui quelques jours plus tard.
Avec AFP


Commentaires
Hélas amis tunisiens "alhagtou lemsegui"
C'est Benali qui doit jubiler
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